Mardi 19 mai 2009

Philippe Pissier dans l'attente de son jugement

Il suffit d’asseoir quelqu’un(e) sur le banc d’un tribunal pour lui donner une tête de coupable, me dis-je regardant, sur le site de La Dépêche, la photo de Philippe Pissier prise le quatorze mai dernier au Tribunal Correctionnel de Cahors.

Un an d’ennuis pour une malheureuse carte postale représentant une poitrine dénudée munie de pinces à linge, c’est le sort qui est fait à l’artiste de mail-art, suite à la démarche d’un employé du service de tri postal qui est allé porter l’objet à la police (Philippe Pissier le poursuit pour viol de correspondance).

La poseuse (dont le visage n’apparaît pas), ancienne compagne de l’artiste, avait vingt ans au moment de la photo. Aujourd’hui mère de famille de trente-huit ans, elle entend se refaire une virginité et poursuit elle aussi l’artiste. Il a été facile à l’avocat de rappeler qu’à l’époque de sa folle jeunesse, cette personne était l’une des égéries de la scène sado-masochiste et qu’elle se montrait aussi bien dans L’Echo des Savanes que dans la revue spécialisée Offrande.

Enfin, Philippe Pissier s’est vu reprocher la possession d’un fusil à pompe (trouvé chez lui lors de la perquisition au cours de laquelle on lui a confisqué son ordinateur). Son avocat a dû rappeler qu’il avait les autorisations nécessaires.

Philippe Pissier bénéficie de nombreux soutiens (dont le mien). Son histoire est symptomatique du retour à l’ordre moral qui caractérise le début du vingt et unième siècle. Contre cela s’insurgent les esprits libres. On peut le constater sur le blog de l’artiste Philippe Pissier Archives et sur celui des dessinateurs solidaires Soutien Pissier.

Le Procureur de la République a demandé deux mois avec sursis, l’avocat la relaxe. Le jugement, c’est pour le vingt-huit juin.

http://ecrivainrouen.over-blog.com/article-31608100.html