Les organisateurs d'une exposition sur l'enfance poursuivis pour pornographie

BORDEAUX (AFP) — L'ex-directeur des musées de Bordeaux et deux commissaires d'une exposition controversée sur l'enfance présentée en 2000 à Bordeaux ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel notamment pour "diffusion d'image de mineur à caractère pornographique", a-t-on appris lundi par l'avocat des plaignants.

Henry-Claude Cousseau, aujourd'hui directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris, et les deux commissaires de l'exposition "Présumés innocents. L'art contemporain et l'enfance", Stéphanie Trembley et Marie-Laure Besnard-Bernadac, sont tous trois renvoyés devant le TGI de Bordeaux pour "diffusion de l'image ou de la représentation d'un mineur présentant un caractère pornographique".

Ils sont également poursuivis pour "diffusion de message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter atteinte à la dignité humaine pouvant être vu par un mineur".

Les magistrats instructeurs en charge du dossier n'ont pas estimé pouvoir poursuivre la vingtaine d'artistes également désignés par les plaignants pour "corruption de mineur".

En octobre 2000, après la clôture de l'exposition, l'association de protection de l'enfance, La Mouette, avait porté plainte avec constitution de partie civile, contre 23 personnes, organisateurs et artistes.

L'exposition du CAPC - le musée d'art contemporain de Bordeaux -, "Présumés innocents", avait présenté, du 8 juin au 1er octobre 2000, 200 oeuvres, photographies, vidéos et autres installations de 80 artistes internationaux reconnus dont Christian Boltanski, Annette Messager ou Garry Gross.

"Mme Gourgue (la présidente de l'association La Mouette) a à coeur la défense des enfants, cette exposition présentait des photos pouvant choquer les enfants", a affirmé l'avocate bordelaise, Me Christine Maze.

Pour sa part, l'avocat parisien de M. Cousseau, Me Richard Malka, a estimé que "l'on fait en 2009 un procès digne du XIXe siècle" et a déploré qu'il ait fallu "neuf années pour régler ce dossier".

De son côté, Me Emmanuel Pierrat, avocat des deux commissaires, a évoqué dans un communiqué "une situation judiciaire unique en France" dans le domaine artistique.